EXEMPLE DE PORTRAITS
POUR EXPOSITION OU PUBLICATION

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Noura

Mes parents, venus d’Algérie, se sont installés dans le Gard. C’est là où je suis née et où j’ai grandi. C’est ma terre. C’était la belle vie ! Nous vivions tous ensemble, Maghrébins, Espagnols, Français, pieds noirs et des gitans avec lesquels on « faisait l’ail », ce que j’ai adoré faire lorsque j’étais enfant…

Mon père était dans le bâtiment, en tant que ferrailleur. Il a travaillé toute sa vie pour bâtir sa maison en Kabylie et lorsqu’il a eu sa retraite, en 1985, il a voulu retourner en Algérie. Nous étions une fratrie de six enfants et nous étions tous nés en France. Nous avons fait nos bagages et nous sommes tous partis. J’avais 16 ans. Les mœurs et les coutumes étaient très différentes de ce que nous connaissions. Tout le monde regardait ma façon d’être, de m’habiller aussi. Je suis allée au lycée, mais comme je parlais kabyle et que je ne connaissais pas l’arabe, je n’y suis restée  qu’un mois et j’ai été déscolarisée. La plus grande de mes sœurs a été la seule à réussir en Algérie, parce qu’elle avait déjà eu son bac et qu’elle a pu ainsi aller directement à l’université, à Alger. Comme mes autres sœurs, j’ai fait des formations de couture et de broderie, parce qu’il fallait bien faire quelque chose. Je me suis mariée très jeune, alors que je n’avais même pas 18 ans, et j’ai divorcé. Je suis repartie en France. 

J’ai décidé d’être assistante maternelle et c’est un métier que j’aime. Je travaille pour une crèche familiale. Depuis 21 ans, je vis et je travaille dans mon appartement qui se situe sur la barre Oudiné. Lorsque je suis arrivée, le quartier était beau et on avait tout ce qu’il fallait. Ce qui est triste, c’est que ça se dégrade. Je pense que si j’avais été assistante maternelle dans le libéral, je n’aurais pas pu travailler. Heureusement, quand les familles voient que leur enfant est bien, ils sont à l’aise et rassurés. Dans le voisinage, tout le monde se connaît, tout le monde se côtoie. Même s’il y a des soucis, la jeunesse est agréable avec nous. Quand on a besoin d’aide, ils sont là. Ici, c’est comme une famille, avec ses qualités et ses défauts. La famille parfaite n’existe pas ! Ma grande fille dit que, si on part ailleurs, il n’y aura pas cette vie, cette ambiance, cette communauté.

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Barre Oudiné, Paris 13e

 

EXEMPLE DE PORTRAITS
POUR EXPOSITION OU PUBLICATION

Bonneuil sur Marne, Cité Fabien

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